La croisée des destins
Chapitre 17 : Le marquage des
bêtes
“Alors,
j’vous explique ce qu’on va faire !” nous lança Charles.
Le lendemain matin, Léa, Leslie et moi, nous accompagnions
Charles près du grand corral. Il nous expliquait ce qu’on devrait faire, lors
du Marquage du bétail, cet après-midi là.
“- En fait, on rassemblera toutes les bouvillons dans le
grand enclos du corral. Ensuite, il faudra isoler une des bêtes, l’obliger à
passer dans le couloir qui relie les deux enclos, jusqu’au plus petit. Là, on
l’attrape au lasso, on le met à terre, on le marque avec un fer rouge, et on le
relâche, dans le pré adjacent où se trouve le reste du bétail. Tout compris ?
- Oui, oui ! Et
que voudrais-tu qu’on fasse ? demandai-je.
- Je propose que
Leslie passe dans le petit enclos, pour le Marquage. Léa, j’te verrai bien dans
l’équipe chargée d’isoler les bouvillons, puis de les faire entrer dans le
“couloir”. Idem pour toi, Cécilia.
- Ah ! Ok ! Bon,
tu as encore des choses à nous expliquer ?
- Euh...non !
- Bon, alors je
crois que je vais aller travailler Éclipse ! lançai-je. Léa, ça te dérangerai
de monter Casiopée ?
- Bien sûr que
non ! rétorqua mon amie. Tu devrais savoir que j’adore la monter. C’est un
régal, cette jument !
- Ok ! Après, si
tu veux, Leslie, on ira travailler Émir ! proposai-je, à l’adresse de Leslie.
- Pas de problème
! répliqua cette dernière.
- Tu va pouvoir
le faire sauter, maintenant que tu le maîtrise mieux !
- C’est vrai ?
- Bien sûr !
D’ailleurs, j’crois que je vais faire aussi sauter Casio et Éclipse ! Ils ont,
eux aussi, besoin de bosser un peu !” assurai-je, en partant vers l’enclos d’Éclipse,
Charles et Léa sur les talons.
Après avoir aidé Léa à panser Casiopée, j’entrais enfin
dans l’enclos de mon étalon.
“- Eh ! s’écria soudain Leslie, qui, assise sur la
barrière de l’enclos voisin, observait Léa qui sellait Casiopée. Regardez, une
voiture… ! Charles, ton père attendait de la visite ?
- Non !
répondit-il en fronçant les sourcils, scrutant la piste de terre qui menait au
ranch, et où s’était engagé une grosse voiture noire. Oh non ! Pas lui !
grommela-t-il.
- Quoi ? m’étonnai-je.
- Qu’est-ce que
“Cœur-de-Plomb” vient faire là ?” rétorqua-t-il, en quittant la barrière où il
était accoudé !
Je venais de siffler Éclipse, lorsque la voiture noire
s’arrêta à notre niveau. La vitre passager s’abaissa et la voix sèche de Mr Anderson
s’éleva.
“- Eh, petit ! Ton père est là ? demanda-t-il à Charles.
- Oui ! Il est à
la maison ! répondit simplement Charles.
- Merc...!”
“Cœur-de-Plomb” s’interrompit soudain. Éclipse venait
d’arriver au grand galop et s’était arrêté des quatre fers, à la hauteur de la
barrière. Mr Anderson, observait l’étalon d’un air plus que surpris. Je
repensais à ce que mes cousins m’avaient dit lors de la transhumance.
“- Nom de...! s’exclama-t-il en sortant de sa voiture.
Qui est ce cheval ? demanda-t-il, reprenant son air calme, et en s’approchant
de la barrière.
- Euh... Éclipse
! répondis-je.
- Éclipse ?”
répéta-t-il en tendant la main vers la tête de l’animal.
Celui-ci coucha les oreilles, et recula, pour s’éloigner
de la barrière.
“- Belle bête ! Mais plutôt rétive ! observa l’homme, une
lueur intéressée dans le regard. Il est à vous, jeune fille ? reprit-il, en
s’adressant à moi.
- Euh...oui !
répondis-je, sur la défensive. Il est né dans le haras de mon père !
précisai-je.
- Quelles sont
ses origines ? poursuivit-il.
- Euh....!
hésitai-je. Ora...!
- Ah ! Mr
Anderson ! lança soudain la voix de mon oncle. Que me vaut cette visite ?”
Mon oncle était arrivé sur ces entrefaites, en ayant,
probablement, aperçut la voiture arrêtée sur la piste. Je soupirai de
soulagement par cette arrivée inespérée.
“- Bonjour Carl ! répondis “Cœur-de-Plomb”. Comme vous le
savez, je suis l’organisateur des compétitions et je venais vous dire que, le
premier août aurait lieu un concours d’obstacles à mon ranch. Et je voulais
vous demander si vous comptiez vous y inscrire ?
- Pourquoi pas ?
Mais si on allait discuter de ça dans mon bureau ?” suggéra mon oncle, en
entraînant Ralph Anderson vers la maison.
Nous les observâmes s’éloigner.
“- Ouf ! soupira Charles. On a eu chaud ! Je suis sûr
qu’il a crû que c’était Illusion !
- Oui ! Ton père
est arrivé à temps !” ajoutai-je.
Je ne savais pas pourquoi, mais un pressentiment me
disais qu’il ne devait pas connaître les origines d’Éclipse, sachant qu’il
faisait une obsession sur Illusion. Un léger coup de tête de mon étalon me
ramena “sur terre”.
“- Bon ! C’est pas tout ça, mais il faut te faire
travailler un peu, mon bonhomme ! lançai-je à mon étalon. Charles, tu peut me passer
le filet, s’il te plaît ? ajoutai-je, à l’adresse de mon cousin, qui jetait un
coup d’œil à sa maison, à deux pas du filet d’Éclipse, tandis que je brossai la
robe luisante de mon étalon.
- Quoi ? Hein ?
Excuse-moi, tu disais ?
- Elle te demandait
de lui apporter le filet d’Éclipse !” lui rétorqua Leslie, en prenant l’objet
en question et en passant de l’autre côté de la barrière, pour me l’apporter.
Mal lui en pris ! Je lui avait peut-être pardonné, mais
ce n’était pas le cas d’ Éclipse ! Dès qu’il l’aperçut, il baissa les oreilles
et recula. Leslie, voyant cela, jugea préférable de repartir de l’autre côté de
la barrière.
“Oh, Éclipse ! lançai-je, en le calmant. Elle ne te fera
plus de mal, je te le promet ! Euh...Charles, tu peux...? Ah, merci !”
ajoutai-je, alors que Charles, voyant l’attitude d’Éclipse, avait pris le filet
des mains de Leslie et me l’avais amené.
J’attendis qu’Éclipse ait retrouvé son calme, pour lui
mettre son filet. Je lui curais ensuite les pieds puis le sellais.
“- Cécilia ! Dépêche-toi ! me cria Léa qui, ayant déjà
fini de préparer Casiopée, avait déjà enfourché la jument alezane et
m’attendais, à quelques mètres de la voiture.
- J’arrive !
lançai-je, en retour, en me mettant en selle. Ah, ça fait du bien de retrouver
une bonne vieille selle anglaise ! remarquai-je, tout en vérifiant le sanglage.
Bon, allez, bonhomme, on y va ! ajoutai-je, en menant ma monture vers la porte.
Merci, Charles ! observai-je, tandis que Charles, finissait de m’ouvrir
l’entrée du pré. Au fait, on va où ?
- On va dans la
carrière qui est derrière les écuries ! me répondit mon cousin, en marchant à
côté de moi, après avoir refermé la porte du pré. C’est juste à côté de la
piste de course. C’est le seul terrain conçu pour l’obstacle. Mais, tu sais, on
n’est pas trop équipé ici ! Juste de quoi faire quatre-cinq obstacles
différents ! C’est pas comme chez vous, avec vos carrières ultra-modernes et
super-équipées...
- Eh, c’est bon !
J’t’ai pas demandé de te justifier ! Ca fera largement l’affaire ! le
rassurai-je. Oh fait j’t’ai pas dit, ton père a dit que j’pourrai aller voir
Illusion, quand je voulais ! ajoutai-je, à voix basse.
- C’est vrai ? Si
tu veux, on pourra aller le voir demain !
- Ouais, d’accord
!”
Je mis ensuite Éclipse au trot, obligeant mon cousin à
courir pour me suivre, afin de rejoindre Léa, sur Casiopée, qui marchait un peu
plus loin devant nous, accompagnée de Leslie.
* * * * *
La carrière, un espace clôturé, et sablé en France, était
ici un petit pré où étaient disposés quelques obstacles. Jaugeant les barres du
regard, je constatais qu’elles ne dépassaient pas les un mètre de hauteurs.
“- Vous faites souvent sauter vos chevaux ? me
renseignai-je.
- Non ! Seuls
Solstice, Gulliver et quelques autres sautent régulièrement, mais jamais plus
de un mètre. Mais ça suffit pour les petits concours où on les présente et ça
suffisait aussi, à la course. Mais le conseil d’administration de la course a
décidé d’augmenté la difficulté du parcours. Du coup, aucun de nos chevaux ne
peut franchir les obstacles de l’épreuve de fond.
- Hum ! Tiens, ça
vous dérangerait, si après, avoir monté Éclipse, je montais un peu Démon, sur
les barres, histoire de voir ce qu’il peut franchir ?
- Pourquoi pas ?
répondit Charles. Ca peut lui plaire et, au moins, Leslie aura de la compagnie.
- Oui ! Ca vous
dérange pas de vous occupez des barres ?
- Non !” assura
Charles.
Pendant que mon cousin et Leslie préparaient les
obstacles, Léa et moi détendîmes nos montures. Éclipse était plutôt nerveux et
ne cessait d’encenser, alors que je le faisais galoper. Mais, au bout de cinq
minutes, il finit par se calmer.
“- L’avantage de la présence de Casio, c’est qu’elle
calme Éclipse ! remarquai-je à l’adresse de Léa, alors qu’on repassait au pas.
- Hum ! Casiopée
est tellement paisible que les autres chevaux ne peuvent que l’imiter !
approuva Léa.
- Ouais ! Bon,
allez, on détend, au trot, sur le vertical !” lançai-je, prenant la tête des
opérations.
Sur ce, je mis ma monture au petit trot, et le dirigeai
vers un obstacle vertical. Éclipse s’enleva sans problème au dessus de la
barre. Il était vrai que 80 centimètres, ce n’était rien pour un cheval capable
de sauter 2,10 mètres sans broncher. Après avoir ressauté deux fois chacune le
petit obstacle, Charles et Leslie montèrent la barre à 90 centimètres, ce qui
ne posa aucun problème à mes deux chevaux. Trois quart d’heures plus tard, nous
atteignîmes les 1, 20 mètres.
“- On arrête là pour aujourd’hui ! décidai-je. Ca suffit
pour une remise en forme !
- Pour Casio, oui
! Mais Éclipse il a déjà sauté depuis ton arrivée, ici, Cécilia ! observa mon
cousin.
- C’est vrai !
admis-je, en souriant. Mais j’veux pas trop le crever, pour l’instant, mon p’tit
pépère !
- C’est sûr, il
est fragile ! se moqua Charles. Il pourrait vraiment pas se débrouiller sans
toi !
- Oh, arrête !
Bon, on les rentre, Léa ?
- Allons-y !”
répliqua-t-elle.
* * * * *
“- Tiens Ralph Anderson est partit ! remarqua Léa alors
que nous arrivions près des enclos.
- Tant mieux !
répondit Charles. Je l’aime pas du tout ce gars !
- Moi non plus !
approuvai-je, en mettant pied à terre. Eh oh, sois pas si pressé bonhomme !
m’exclamai-je, alors qu’Éclipse piaffait, impatient. Attend au moins que je te
desselle !”
Dix minutes plus tard, Éclipse s’élançait au grand galop
dans le pré, pour revenir deux minutes plus tard, pilant net à deux pas de moi,
l’encolure tendue.
“- Je me disais aussi ! plaisantai-je. Je croyais que tu
avais oublié ta récompense ! ajoutai-je, en sortant une carotte de ma poche et
la tendant à l’animal.
- Il est malin, y
a pas à dire !” observa Charles, accoudé à la barrière.
* * * * *
Une demi-heure plus tard, je montais Démon, dans la
carrière, accompagnée de Leslie sur Émir. A présent, elle le maîtrisait
convenablement. Émir était vraiment un bon sauteur, mais moins puissant
qu’Éclipse, cela étant. Je découvris avec stupéfaction que Démon, lui aussi,
excellait en obstacle. En fait, il sauta un mètre soixante-dix, sans broncher.
“- Whoa ! En voilà un qui hérité du coup de saut de son
père ! remarquai-je, en caressant Démon. Vous avez vu ça ? C’est incroyable.
- Surtout qu’il n’est
pas bien grand mais il a un coup de saut exceptionnel, y a pas à dire !
approuva mon cousin, qui stupéfait, avait perdu son brin de paille. Je suis sûr
que si Anderson avait su ça, il n’aurait jamais voulut s’en séparer.
- C’est sûr !
Allez viens bonhomme, on rentre ! lançai-je à l’étalon. Tu viens, Leslie ?
- J’arrive ! me
lança-t-elle, alors t’en pense quoi d’Émir ? me demanda-t-elle en me suivant.
- Il est plus
confiant. Tu as gagné en fermeté et en expérience et il se donne plus volontairement.
En bref, tes parents ne te reconnaîtront pas quand tu rentrera chez toi, ni
Émir d’ailleurs.
- Possible !
Mais, maintenant que tu m’a aidée à me perfectionner, tu n’as pas peur que je
te batte, aux concours ?
- Non, Leslie !
lançai-je, en souriant. De toute façon, à la rentrée, j’passe en D ! Autant
avec Casio que Éclipse ! Ils sont prêt à passer au niveau supérieur !
- C’est vrai que
tu as des bêtes exceptionnelles ! approuva Leslie. Je crois qu’il faudrait que
je demande à mes parents d’acheter des produits de votre élevage. Les parents
de Léa se “fournissent” aussi à votre haras, et ils sont toujours en tête des
classements !
- Tu pourrais,
mais à la condition de ne pas t’amuser à les battre, comme tu l’a fait avec
Éclipse.
- Promis !” lança
Leslie, avec un petit sourire gêné.
Nous venions de mettre pied à terre, devant les écuries,
lorsque je vis mon oncle venir vers nous, en souriant.
“- Ah, vous tombez bien, tous les quatre ! nous
lança-t-il.
- Pourquoi,
qu’est-ce qu’il y a ? demanda Charles.
- Eh bien, comme
vous le savez, Ralph Anderson est venu me dire que, le premier août, aurait
lieu, en son ranch, un grand concours, notamment avec une épreuve qui
correspondrait à vos E1, en France, ça vous dirait de participer, avec vos
chevaux ?
- Ouais ! Bien
sûr !”
Leslie, Léa et moi, avions répondue en chœur.
“- Bien ! Mais, je vous préviens ! Chaque ranch
participant doit présenter une équipe de quatre cavaliers, avec quatre chevaux !
Et il vous faudrait désigner un Capitai...!
- Cécilia !
répondirent en chœur Leslie et Léa.
- Moi ?
m’étonnai-je.
- Pour sûr ! T’es
celle qui a le plus d’expérience en obstacle ! expliqua Léa.
- Bon, je vois
que vous avez décidé ! Alors, Cécilia, je te laisse décidé de la constitution
de ton équipe et tu me diras la réponse ce soir, pour que je puisse vous
inscrire, au plus tôt, d’accord ?
- Pas de problème
! assurai-je.
- Bon, j’dois y
aller ! N’oubliez pas que le marquage à lieu cet après-midi !” ajouta mon
oncle, avant de s’éloigner.
Nous restâmes donc tous les quatre, avec Démon et Émir,
devant les écuries.
“- Alors, qu’est-ce que tu décides ? me demanda Léa, en
souriant. Capitaine ! ajouta-t-elle.
- Oh, arrête !
Bon, alors, déjà, moi, j’monterai Éclipse, Léa, tu montera Casiopée, Leslie, tu
prendra Émir et...!
- Tu as déjà une
idée sur le dernier cavalier ? se renseigna Leslie.
- Oui ! Déjà,
comme cheval, je pensais à Démon ! Ca en boucherait un coin à Anderson...!
- Peut-être !
Mais tu es la seule qu’il laisse le monter ! observa Léa.
- Pas sûr !
Alors, je pensais…, pour monter Démon, à Charles !
- Qui moi ?
s’étonna ce dernier. Pourquoi ?
- Démon t’aime
bien, il te laissera le monter sans problème ! remarquai-je, en observant
Démon, que Charles tenait par la bride. Je ne pense pas que tu aurai du mal à
le monter ! Ca te dirai ?
- Pourquoi pas !
approuva mon cousin, en jetant un regard un peu inquiet à Démon. Mais, tu sais,
j’ai jamais sauté plus d’un mètre...!
- Pas de problème
pour ça ! Démon saute de lui-même ! Tant que tu ne le gêne pas, tout se passera
bien !
- Mais tu crois
qu’une semaine suffira à nous préparer ? reprit mon cousin.
- Bien sûr ! Si
tu commence à monter Démon, dès demain ! assurai-je. Bon, vu que tout est ok,
on ferait mieux de rentrer les chevaux. Charles, tu veux t’occuper de Démon ?
Ca vous permettra de faire connaissance. Moi, pendant ce temps, j’irai voir ton
père !
- D’accord !
répondit Charles, un peu hésitant. Allez viens, Démon !” Le cheval le suivit
sans broncher, de son pas souple et ample.
Je sourit, en le suivant des yeux, puis...
“- Léa, tu viens, avec moi, voir mon oncle ?
- Pas de problème
!”
Nous partîmes vers la maison.
“- Dis, Cécilia, tu comptes aller voir Illusion, demain ?
- Pourquoi tu me
demande ça ?
- Je sais que ton
oncle t’a donné l’autorisation d’aller le voir, et je doute que tu t’en prive !
- Tu as raison !
avouai-je.
- Je pourrais
t’accompagner ?
- Euh...si tu veux
! Mais je sais pas trop...! Illusion est déjà un peu tendu avec Charles dans le
voisinage, alors...! Mais d’un autre côté, Charles ne pourra pas tenir, à la
fois Démon, et Éclipse ! Vous aurez besoin d’être à deux pour le tenir ! Car
j’ai l’impression qu’il n’aime pas beaucoup Illusion ; or, comme Solstice
boîte, il ne reste qu’Éclipse que je puisse monter pour y aller ! D’accord…, tu
peux venir ! Au moins, tu pourra le voir !
- Sinon, tu
pourrais prendre Casiopée, et moi Boréale, si tu préfère ? proposa Léa.
- On pourrait !
Mais, au passage, je comptais m’entraîner pour l’épreuve de fond ! Et pour ça,
il me faudrait Éclipse ! Mais, c’est vrai, je pourrais revoir le circuit avec
Casio, histoire de me le remettre en tête ! Ca te dérange pas ?
- Non ! Après
tout, c’est ta jument, pas la mienne !” répliqua mon amie, en souriant.
* * * * *
“- Attention Cécilia, empêche le petit teigneux de
s’échapper sur la gauche ! me cria Charles.
- J’fais ce que
je peux !” hurlai-je, pour couvrir le tumulte, en poussant Démon sur le petit
bouvillon récalcitrant.
Ce dernier, refusant d’obtempérer, baissa la tête, comme
pour me charger. Lasso surgit soudain de la mêlée et convainquit la bête de
rejoindre ses camarades.
On avait réussit, non sans mal, à rassembler, les
bouvillons dans le grand corral, et depuis deux bonnes heures, Charles, Léa,
Tom et moi, nous “amusions” à isoler les veaux, pour les pousser vers le
“couloir” qui conduisait au petit enclos adjacent. Quelques heures plus tôt,
j’avais annoncé à mon oncle la composition de l’équipe. Il fut surpris
d’apprendre le petit talent de Démon à l’obstacle.
“Serre ce veau de plus près, Léa !” cria Tom, alors que
Léa, sur Boréale, poussait un petit veau tout marron, vers le couloir. Malgré les
barrières et la poussière que soulevaient les bêtes en essayant de nous
échapper, j’apercevait Antoine, Andy et Patricio mettre à terre un jeune
bouvillon noir et blanc, pris au lasso, tandis que mon oncle montrait à Leslie
comment appliquer le fer rouge.
“Rassure-toi, Cécilia, malgré les apparences, ça leur
fait pas mal ! me lança Charles, en suivant la direction de mon regard. C’est
solides ces “p’tites bêtes”...! Encore, lui ? grommela-t-il, en voyant le petit
veau qui avait essayé de me charger, qui s’éloignait des autres. Bon, allez, on
l’intercepte, et on l’envoie dans le couloir !” décida-t-il, en mettant
Gulliver au trot, vers le petit récalcitrant.
Je le suivais de près. Dix minutes après, nous le
poussions, non sans mal, dans le couloir. Il lança un meuglement contrarié,
lorsque le petit portail du couloir se referma derrière lui. Mais Caro, Laura,
Paulo et Roger, avec des bâtons, perchés en haut des barrières du couloir,
poussaient le veau, vers le petit corral.
Il fallut encore deux bonnes heures,
pour faire passer les dernières bêtes. Enfin, recouverts de poussière et
éreintés, nous pûmes enfin mettre pied à terre, et ramenâmes les chevaux à
l’écurie.
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